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Les japonais

La propreté

Le mot qui exprime le mieux le caractère des Japonais est sans doute "wa", qui signifie "japonais", "à la japonaise" mais aussi "harmonie". Cette syllabe est souvent utilisée, comme dans washoku (cuisine japonaise), wafuku (habit japonais), wagashi (gâteaux japonais), washi (papier japonais), wafu (style japonais) et wabun (texte japonais). Il est aussi employé pour waon (accord), heiwa (paix) et chouwa (harmonie).

Dans la société japonaise, l'union des cœurs est la chose la plus précieuse. La liberté individuelle doit donc être réalisée au-delà de l'ordre social. Certains disent que cette mentalité japonaise provient de la société féodale ou de la société agricole d'autrefois, mais je pense que c'est normal que tout le monde respecte les règles sociales pour vivre en harmonie. Les Japonais ont une conscience collective, ce qui a des avantages, mais aussi parfois des inconvénients.

À la différence de la France, le Japon n'est pas cosmopolite. De ce fait, la société française semble peut-être plus ouverte que la société japonaise, qui n'approuve pas facilement les choses ou les opinions divergentes. Au Japon, surtout à Tokyo où les gens sont pressés, les Japonais sont insensibles aux difficultés des autres, indifférents, par exemple, si quelqu'un est coincé dans la portière d'un train ou d'un ascenseur. Alors que les infrastructures s'améliorent rapidement, les Japonais sont encore lents à se décider à porter secours aux handicapés, pensant que d'autres le feront. Par contre, les Japonais, bien que la plupart ne soient pas anglophones, aiment bien indiquer leur chemin aux touristes étrangers. Ils les accompagnent même parfois jusqu'à leur destination finale, même si ce n'est pas la leur. Ceci est dû à l'exaltation de parler avec les étrangers, expérience encore récente pour les insulaires malgré la mondialisation actuelle, ainsi que de leur reconnaissance pour être venus visiter le Japon. Ainsi, vous pourrez compter sur les passants si vous vous perdez.

Autre chose que les voyageurs remarquent souvent au Japon, c'est la propreté des rues, stations et lieux publics, alors que les poubelles sont relativement peu présentes. La rareté des poubelles est due d'abord à la présence des corbeaux. Les dépôts d'ordures des quartiers sont protégés par des filets ou clôtures, afin d'éviter également les chats errants. Exception faite des malappris, les Japonais ne jettent pas leurs ordures sur le bord de la route. Ils les gardent dans leur poche ou leur sac jusqu'à ce qu'ils trouvent une poubelle de convini, sortes de superettes ouvertes 24h/24 et très nombreuses dans ce pays. Par contre, dans les gares, c'est suite aux attentats du 11 septembre 2001 que le nombre de poubelles a été réduit, par crainte des actions terroristes. Il ne faut cependant pas penser que les rues japonaises sont toujours propres. Les rues sont nettoyées chaque matin par les bennes à ordures avant le lever du soleil. Tokyo, pôle économique, est importante pour le pays, mais les gens y sont très stressés. Les employés travaillent souvent beaucoup plus de 40 heures par semaine pour ceux à temps plein, et le soir, ils cherchent des divertissements pour se changer les idées. Alors, est-il possible d'y mener une vie normale, au sens humain du terme ?

 

Changement d'habitudes alimentaires et importance des repas traditionnels

Yakitori, ramen, tonkatsu... les restaurants japonais sont aujourd'hui nombreux à Paris. Il est amusant de voir que la nourriture japonaise est de plus en plus en vogue en France.

Les parents disent souvent aux enfants qui ne mangent pas leur assiette que le Mottainai-obake apparait chez les enfants qui ne respectent pas la nourriture, ses affaires, l'eau et l'électricité. Par peur, ils finissent leur plat et évitent de gaspiller. Le mot mottainai signifie " faire de la peine " de jeter quelque chose, et l'obake, est un fantôme qui surgit devant les méchants enfants. Les enfants japonais sont ainsi éduqués à manger leur bol de riz jusqu'au dernier grain. Ce mot japonais mottainai fut souvent utilisé par Wangari Maathai (1940-2011), biologiste kenyane et première femme africaine à recevoir le prix Nobel de la paix pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix. Elle fut fascinée, lors de sa visite au Japon en 2005 pour assister à un événement concernant le Protocole de Kyoto, par ce mot japonais qui n'a selon elle pas d'équivalent dans d'autres langues.

Les Japonais sont, à l'origine, un peuple agricole et ont vécu au rythme de la nature. Le washoku, cuisine japonaise, est une alimentation véritablement naturelle, pauvre en graisses et respectant la saveur propre des ingrédients. Cependant, le changement d'habitudes alimentaires a provoqué une dégradation de la santé, une perturbation de la vie quotidienne ainsi qu'une incohérence dans la mentalité japonaise. C'est après la défaite de la seconde guerre mondiale et l'occupation par les militaires américains que les habitudes alimentaires ont changé au Japon. Les gens étant affamés, les Etats-Unis ont apporté de grandes quantités de lait écrémé et de farine. Pendant la guerre, du fait de la pauvreté, les Japonais mangeaient du riz avec des radis ou des patates, de la bouillie de patates et parfois les herbes ramassées au bord des chemins. Pour répondre aux besoins en protéines selon la diététique du pays victorieux, la consommation de viande, œuf, lait et pain fut recommandée, alors que les plats traditionnels japonais étaient de moins en moins consommés. Or, plus tard il s'est avéré que l'excès de protéines et de graisses n'était pas bon, surtout pour les Japonais dont l'intestin serait deux à trois mètres plus long que celui des Occidentaux. Les protéines animales laisseraient alors des toxines dans l'appareil digestif, produisant diverses inflammations. De fait, 68 ans après la guerre, beaucoup de Japonais souffrent de cancers, maladies cardiaques, infarctus cérébraux, diabète, hypertension, dermatites atopiques et pollinoses.

La nourriture est un sujet à ne pas négliger lorsqu'on s'interroge sur ce que sont les Japonais. Au Japon, le service de restauration est très animé et manger à l'extérieur coûte souvent moins cher que de manger chez soi. Le prix peu élevé attire souvent les touristes étrangers qui ont plaisir à manger au restaurant. Pourtant, l'autosuffisance alimentaire est inférieure à 40% au Japon. Alors, comment les restaurants réussissent-ils à proposer leurs plats à de tels tarifs ? Pour ce qui est de la viande, la plupart des animaux (poulet, porc, bœuf) sont nourris aux hormones de croissance et aux antibiotiques pour les forcer à grandir plus vite. De plus, les poules sont élevées en batterie, alors qu'autrefois elles étaient laissées en liberté et mangeaient des vers de terre. Excepté le bétail de certaines marques bio, l'élevage est loin d'être exemplaire au Japon. Les légumes utilisés dans les bento vendus dans les convini, les supermarchés ou les rues le midi, ainsi que dans les restaurants extrêmement bon marché (surtout ceux des grandes chaînes) sont importés de Chine et désinfectés avec des produits chimiques. Les vendeurs ne sont pas obligés d'indiquer le pays d'origine des légumes et peuvent les mélanger avec d'autres ingrédients, surtout s'ils sont considérés comme ingrédients secondaires et que l'espace d'indication n'est pas suffisant. Il est donc difficile de connaître la composition exacte des produits d'un simple coup d'œil à l'étiquette. Dans les supermarchés, même les légumes indiqués " sans produits chimiques " ne sont pas certifiés sans insecticides, car les néonicotinoïdes, interdits en France, sont couramment utilisés sur ce type de produits agricoles. Il faut dire que la plupart des fermes japonaises dépendent de J.A., coopérative agricole japonaise. Elle oblige les agriculteurs, à utiliser des insecticides agricoles et des engrais afin d'assurer une production massive des cultivars que fournit cette société. Ce sont des graines issues de manipulations biotechnologiques et non pas d'espèces indigènes. Ces F1 hybrides sont la première génération d'un croisement entre deux variétés distinctes. Ces plantes hybrides donnent des graines différentes des graines hybrides F1, obligeant les agriculteurs à racheter des semences chaque année à la coopérative. Pour le lait aussi, la situation a beaucoup changé par rapport à autrefois : certains producteurs effectuent la traite même sur des vaches gravides. Elles font normalement moins de lait mais la nourriture et la trayeuse électrique permettent d'en produire suffisament. Le problème est que ce type de lait contient une quantité d'hormones femelles potentiellement dangereuse pour les enfants. Selon une étude sur leur constitution physique, une avancée d'un an et demi à deux ans a été remarquée pour l'âge de fin de croissance et celui des premières règles. De plus, cette hormone favorisant l'apparition d'allergies, on note une recrudescence de celles-ci chez les petits Japonais. Ce phénomène n'a pas été observé pendant l'après-guerre où les gens buvaient du lait écrémé dont l'hormone incriminée était enlevée en même temps que la crême.

Les Japonais d'après-guerre étaient reconnaissants pour la farine et le lait écrémé apportés par les Etats-Unis, qui surproduisaient. Le pain et le lait écrémé furent ensuite introduits à la demi-pension des écoles. En dehors de la farine et des céréales, le Japon a aussi importé bon nombre de légumes et de fruits américains. Le taux d'autosuffisance alimentaire, qui était à 82% dans les années 1960, a chuté progressivement jusqu'à atteindre 39% en 2011. La production de riz ne cesse de diminuer à cause de la politique de réduction de la superficie agricole. Les Japonais mangent moins de riz et plus de pâtes et de pain. En outre, aujourd'hui, ils ne mangent quasiment plus de riz complet ou genmai. Le grain de riz est couvert d'une balle et de son. Le riz cargo (riz complet sans la balle) est brun mais il devient blanc après en avoir décortiqué le son et le germe. Le riz blanc étant autrefois un produit de luxe, les gens le cuisaient avec le genmai et diverses céréales. Cependant, d'un point de vue diététique, le genmai est mieux que le riz complet, puisque le son et le germe le rendent quatre fois plus nutritif (protéine, glucide, graisse, vitamine, minéral et fibre alimentaire). Il contient aussi de l'acide phytique, composé qui permet d'éliminer des matières nuisibles comme certaines hormones. Si les Japonais avaient conservé leurs habitudes alimentaires, ils auraient moins souffert des maladies contemporaines.

Le prix peu élevé de certains restaurants japonais est indubitablement un des attraits du voyage au Japon. Gyudon (bol de riz avec bœuf), yakitori, sushi dans les restaurants avec tapis roulant, produits de convini, fast-food... Cependant, réfléchissez aux conséquences de cette facilité à trouver des aliments peu onéreux et hors saison. Ce que vous pensez " japonais " ou " à la japonaise " n'est donc peut-être pas la vrai vie des Japonais. Bien choisir ce que vous mangez lors de votre voyage, sans céder à la facilité ou aux idées véhiculées par les médias, contribuera à soutenir les producteurs et les cuisiniers honnêtes, qui se soucient de la qualité des produits et préservent les traditions. Alors, que peut-on manger de véritablement "à la japonaise" ? Et bien pour commencer, du riz, sans sauce...

 

Prise de conscience après le tremblement de terre

Selon un sondage effectué en 2004 par la NHK (seule chaîne publique de télévision au Japon) de Kobe, 60% des sinistrés pensent que la société a oublié le tremblement de terre du 17 janvier 1995 et les leçons qui auraient pu en être tirées. A peine trois ans ont passé depuis le grand tremblement de terre du Tohoku et les sinistrés ont toujours cette même inquiétude. Priant pour le repos des âmes des victimes (15 881 morts et 2 668 disparus), les sinistrés du Tohoku (315 000 personnes dont 150 000 réfugiés de Fukushima, toujours installées dans des camps provisoires), s'inquiètent que le temps n'efface les souvenirs. Désormais, les Japonais ne doivent pas oublier qu'il existait, au delà de ces chiffres, d'innombrables victimes parties trop tôt. Ils doivent aussi veiller à la politique énergétique du pays pour qu'une erreur d'une telle gravité ne se reproduise jamais.

En effet, alors que les Japonais respectent l'harmonie sociale, ils déplorent parfois eux-même leur indifférence. Mis à part quelques manifestations, le sujet du nucléaire n'était pas du tout abordé avant le séisme. Le peuple japonais était indifférent quant au lieu et à la technique de production de leur électricité. Certains pensaient que le nucléaire ne poserait aucun problème si les déchets radioactifs étaient enterrés en profondeur. Cette tendance était particulièrement visible lors des manifestations sur le site Rokkasho (préfecture d'Aomori), sur lequel devait être installée une usine de retraitement à partir de 2007. Alors que cette usine peut produire sept tonnes de plutonium par an, la population semblait s'en accommoder et ne pas comprendre les risques liés aux centrales nucléaires, oubliant par la même occasion que le Japon était le seul pays au monde déjà frappé par deux bombes atomiques. La cause de l'indifférence des Japonais pour l'énergie provenait de la concentration des industries en milieu rural et de la persistance de la politique d'après guerre pendant près de 60 ans, avec le PLD (Parti Libéral Démocrate, Jiminto) au pouvoir. La population se concentrant dans la capitale, les industries furent délocalisées dans les régions souffrant de l'exode rural avec de grosses subventions à la clé. Ainsi, les citadins ignoraient les lieux de production de l'électricité qu'ils consommaient. D'autant plus que le gouvernement proclamait respecter le Protocole de Kyoto, en décrivant le nucléaire comme une énergie peu polluante. Les Japonais, trop crédules, ont fait confiance aux hommes politiques.

A la suite de nombreuses affaires de corruption, le PLD a subi une grande défaite aux éléctions de 2009. Ce que le peuple a vu, deux ans après cette alternance, c'est l'incapacité du gouvernement à protéger la population et à prendre ses responsabilités face à la catastrophe nucléaire de Fukushima. Indignés, les Japonais ont enfin compris qu'ils ne devaient pas se montrer indifférents aux affaires de leur pays. Des bénévoles se sont rendus au Tohoku. Des collectes et événements caritatifs ont spontanément été organisés partout au Japon. Des manifestants, toujours plus nombreux, sont descendus dans les rues sans se soucier d'être vus. C'est un phénomène incroyable et nouveau pour les Japonais. La raison pour laquelle les Japonais ont agi ainsi, c'est qu'ils connaissent, au fond, l'importance de la famille et qu'ils ne pouvaient pas laisser tomber les sinistrés qui ont perdu des personnes qui leur étaient chères. En même temps, les Japonais sont devenus plus sérieux vis-à-vis des problèmes environnementaux, pour laisser la nature sans pollution pour leurs enfants et les générations suivantes.

 

Vivre en harmonie

En France, les jardins servent à embellir un site et ils sont généralement géométriques. Mais ici, les jardins sont d'abord conçus pour profiter de la nature, et les temples et les maisons sont construits autour.

D'après M. Hiroshi Ueta, un calligraphe de Kyoto, " la principale différence entre les œuvres chinoises et japonaises d'autrefois est que les écrits chinois utilisent le papier dans son intégralité. Les Japonais ont inventé des syllabaires originaux, hiragana et katakana, en s'inspirant des kanji, les caractères chinois. Les hiragana sont des caractères féminins, avec leurs formes rondes comme le corps des femmes, tandis que les katakana, sont plutôt masculins, avec leurs formes anguleuses. Après le Xème siècle où ces caractères furent créés, les poèmes japonais employant ces kana se sont beaucoup développés. Les Japonais donnent un sens profond à chacun des caractères, en plus de leurs rôles idéographiques : les mots ne sont pas que des moyens pour transmettre une idée. Ainsi, les caractères sont souvent espacés dans les écrits japonais des temps anciens, donnant une intensité à ces vides. " Le calligraphe prend parfois plusieurs heures pour décider de l'endroit où il va apposer son sceau sur l'œuvre. " C'est pareil pour les jardins et les photos. Il faut créér une atmosphère qui dépasse le cadre. Cela donne des possibilités infinies, qui changent selon l'observateur. Pour y arriver, il faut apprendre à respecter les objets qui sont invisibles et qui n'ont pas de substance. C'est l'essence même de la mentalité japonaise. Ce qui n'a pas de forme est souvent difficile à appréhender. Pour cette raison, depuis longtemps, les Japonais ont appris à observer tranquillement l'évolution des choses. " L'expression " le silence est d'or " n'est pas tellement apprécié dans la société économique d'aujourd'hui, mais c'est un proverbe qui caractérise bien les Japonais.

Autrefois, les Chinois appelaient les Japonais " Wajin ", gens de l'harmonie. Les Japonais contemporains sont-ils encore dignes des cette appellation ? Venez le vérifier par vous-même au Japon!

 

 

 

 

 

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